Occitanie : Le Pont Ferroviaire sur le Tech, un ouvrage ferroviaire unique en Europe.



Aussi banal que puisse paraître ce pont de chemin de fer au premier coup d'oeil, il s'agit d'un ouvrage très rare puisqu'il est unique en Europe. L'histoire de ce pont qui enjambe le Tech entre Palau del vidre et Elne, est intimement liée à l'histoire du fleuve et du département des Pyrénées-Orientales et de la région Occitanie.


Une histoire qui remonte à 1940

C'est à "l'aiguat" de 1940 qu'il faut remonter, plus précisément le 17 octobre. Depuis le 16, des précipitations d'une violence inouie s'abattaient sur le département, et provoquaient rapidement la crue de tous les cours d'eau. Les torrents charriaient boues, rochers, arbres ...

L'accumulation de ces matériaux (on estime que le Tech en a charié 35 millions de tonnes) sur les piles du pont ont fini par le faire céder, emportant vers 5 h du matin une locomotive partie en reconnaissance avec trois inspecteurs, un mécanicien et un chauffeur.

Les moyens financiers étant insuffisants en ces temps de guerre pour reconstruire un pont à 2 voies, les ingénieurs des Ponts et Chaussées conçurent un ouvrage à voie "unique".

Toute l'ingéniosité de cette construction réside dans une équation aux données suivantes : comment faire passer deux voies ferrées sur un pont dont la largeur est à peine plus grande que celle d'un convoi ?



Un ouvrage unique en son genre

La solution aurait pu passer par un aiguillage à chaque extrémité du pont, mais aurait imposé la présence d'une personne pour manipuler ces aiguillages.

La solution consista à construire le pont dans l'axe d'une des 2 voies et de dévier la seconde en créant un chevauchement des 2 rails les plus au centre, comme le montre les photos.

A la sortie du pont, le même principe appliqué à l'inverse permet de re-diviser la voie en 2.

On voit très bien sur ces photos, comment la voie de droite chevauche la voie de gauche. Ce sont bien 4 rails qui franchissent le pont.

Il existait 3 constructions semblables à celle-ci en Europe, mais aujourd'hui, c'est la seule qui subsiste.

© jacques dupré

© La tramontane - le journal local